Baisse des prix, déflation

04 Août 2014
François Hollande évoque un « vrai risque déflationniste » à l'approche, c'est-à-dire le risque que l'ensemble des prix baisse. Ce qui s'annonce comme une mauvaise nouvelle reste pour nous une vraie bonne nouvelle : les prix pourraient fortement baisser, aussi bien pour les services que les biens et faire prendre conscience à nos dirigeants de l'urgence de baisser le coût du travail. Si la période de récession qui s'annonce pouvait simplement ramener les prix à leur juste valeur par une baisse des charges, ce serait définitivement une bonne nouvelle.

Comme nous passons 365 jours par an à nous battre pour que les frais baissent dans les services aux particuliers, le fait que l'économie corrige d'elle-même les excès de la flambée des prix de ces dix dernières années nous réjouit : logement trop cher, services trop chers, charges trop élevées, transport hors de prix, etc. nous souhaitons une correction. Les banquiers frémissent, le risque systémique est bien réel mais finalement on s'aperçoit que les politiques ont besoin d'une inflation continue pour financer le train de vie de l'état sans faire les efforts nécessaires pour faire grimper les revenus des français à la même vitesse.

Faut-il rappeler que la déflation sur les salaires a débuté dès l'arrivée de l'euro quand les prix ont tous subit de fortes hausses ? Faut-il s'étonner qu'aujourd'hui les français ne suivent plus le rythme et attendent que les prix baissent pour retrouver un pouvoir d'achat ? Qui a littéralement cramé l'argent du contribuable en cumulant des mandats de gestion dispendieuse de la vie publique ?

La baisse des prix est annoncée comme une terrible nouvelle par les médias et les politiques. Il est temps de s'apercevoir qu'à force de ponctionner l'argent des travailleurs sans légitimité, les français ne peuvent que cesser de jouer le jeu ! Le racket des français ne pouvait pas apporter une situation confortable et durable à ceux qui doivent rendre des comptes sur l'état de notre économie.

Concernant les services à la personne, c'est simple : pour un salaire de 8.30 euros, les cotisations représentent 6 euros, hors impôts, hors TVA, etc. Cotisations salariales et patronales payées, hors encadrement des prestations, une agence agréée doit déjà avancer entre 16 et 18 euros de l'heure. Or, elle en facture souvent entre 18 et 20 ! La moindre baisse des prix dans ce secteur entrainera mécaniquement la fermeture de dizaines, probablement de centaines d'entreprises. La seule marge que nous observons qui permettrait de baisser les coûts et de permettre aux entreprises de continuer à embaucher, se trouve au niveau des cotisations sociales, des "charges salariales", des impôts et des taxes. C'est là que se trouve depuis trop longtemps l'excès des prix. Le service facturé est objectivement pas cher, voire proche de la gratuité (rares sont les entreprises de services à la personne "riches"). 100% des entreprises et associations agréées Qualité ont une vocation d'aide sociale, bien avant l'enrichissement de patrons.

La déflation est un risque pour le système, mais quand c'est le système lui-même qui vit au dessus de ses moyens en ponctionnant excessivement des frais sur le travail, la déflation sonne pour nous comme une alerte inéluctable d'un excès systémique. Ce ne sont pas au français, pas aux entreprises et associations de services à la personne, encore moins aux employé(e)s de maison, ni même aux encadrants que revient le devoir de faire un effort financier.

La baisse des prix est fortement souhaitable, urgemment, mais ne touchez pas aux salaires des employés et aux organismes agréés : ils n'y sont pour rien si le système a été mal géré. Diminuons les charges - réellement, pas avec une baisse de 1 euro ici ou - dans les SAP, nous retrouverons de la croissance, c'est certain. Quant aux médias, avant de parler de cercle infernal, mettez l'accent sur le vrai sujet s'il vous plaît : les coûts du travail doivent baisser, les prix doivent baisser. Nous espérons vivement que la peur de la déflation sera utile pour enfin opérer les réformes nécessaires.


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