Le maintien à domicile

Le maintien de la personne dépendante à son domicile le plus longtemps possible grâce à des aides spécifiques permet le plus souvent de favoriser son bien-être. Vivre mieux, c'est aussi vivre plus longtemps en meilleure forme. Pour s'en assurer, les aidants professionnels ont pour vocation d'offrir des services d'aide à domicile qui répondent à des critères de qualité et la collectivité d'en assurer le financement tout ou partie.

Définition

maintien à domicileLe terme "maintien" est né au XIIIè siècle et a pris dès le XIVè le sens de protection, appui. Le terme domicile date du même siècle, domicilium en latin, qui signifie "le lieu habituel de résidence". De nos jours, l'expression "maintien à domicile" correspond à un projet éthique de notre société, qui pose la question de la place de la personne âgée dans la société d'aujourd'hui et plus encore dans celle de demain.

Dès 1878, la Société Publique de Genève exposait la problématique du maintien à domicile dans des termes qui restent actuels :

"Les hôpitaux et les hospices sont d'excellentes institutions. Ils ont leur raison d'être pour les malades qui ne peuvent pas rester chez eux sans que ce soit au détriment de leur guérison. Mais à moins de nécessité, les considérations morales et économiques qui militent en faveur du maintien de l'indigent dans sa famille doivent l'emporter."Extrait du livre "repenser le maintien à domicile" de Bernard Ennuyer

Si la question n'est pas nouvelle, la législation des services à la personne, la domotique et l'aménagement domestique notamment apportent des réponses radicalement innovantes pour repousser les limites du vivre chez soi et apporter aux personnes dépendantes une vie meilleure et une place plus centrale dans la société. Le vieillissement et le grand âge posent des défis d'avenir.

La perte d'autonomie

L'enfant qui naît est totalement dépendant de sa main nourricière. Le vieillissement, de plus en plus souvent, semble parfois consister en un retour à cet état de dépendance. La perte d'autonomie est le plus souvent vécue comme un échec, comme la fin de la période valide et active mais elle tend de plus en plus à être une période de rapprochement avec les autres, moment où les aidants familiaux et professionnels dédient du temps et de l'attention à la personne vulnérable. L'adulte handicapé est parfois traité comme un enfant sur qui les autres disposent d'une autorité naturelle. En réalité, le maintien à domicile impose de penser la vieillesse et la perte d'autonomie davantage comme la création d'un type de lien social à part entière, où la personne âgée joue un rôle central de captation de l'attention, qui n'alienne jamais son identité, son intégrité et son honneur. Elle est un adulte qui a besoin de l'aide d'autrui. Cela reste une situation parfaitement universelle. Ce n'est pas qu'une question de santé publique, le maintien à domicile est d'abord une occasion de renforcer la cohésion sociale autour de la personne dépendante, avec la famille, les intervenants externes, les professionnels de santé et la collectivité. Toute la société se retrouve dans sa vieillesse.

Continuer à vivre chez soi

Lorsqu'une personne subit une perte d'autonomie, la famille se voit en situation de tutelle et doit prendre la décision : faire entrer la personne dépendante en institution spécialisée, une maison de retraite ou lui permettre de rester chez elle. La première personne à donner son avis est la personne vulnérable, mais dans certains cas, notamment celui de la maladie d'Alzheimer, où la personne ne se rend pas compte de toutes les difficultés que pose son maintien à domicile. Le calcul du GIR par le médecin de famille apporte un chiffre objectif qui mesure le niveau de dépendance et permet de déterminer quels types de soins sont nécessaires. Il reste à la famille à répondre aux questions morales et financières.